Comment minimiser les risques en réduisant le débit de fuite acceptable?
Découvrez des stratégies efficaces pour réduire le débit de fuite acceptable et minimiser les risques environnementaux grâce à notre guide complet sur les systèmes de confinement.

Par Jimmy Youngblood

22 mai 2024

Lecture de 6 minute·s

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Comment minimiser les risques en réduisant le débit de fuite acceptable?

Bien que tout soit mis en œuvre pour empêcher un bassin ou une installation de confinement des déchets de fuir et de contaminer les eaux souterraines ou le sol environnant, la vérité est que rien n’est imperméable. Lors de la conception et de la construction d’un bassin, les ingénieurs calculent le débit de fuite acceptable et, pendant toute la durée de vie du bassin ou du site d’enfouissement, le débit de fuite acceptable doit rester inférieur aux seuils acceptables afin de réduire les risques pour l’environnement, d’assurer une production continue et d’éviter de payer des pénalités.

Souvent, les organismes de réglementation exigent qu’un débit de fuite acceptable soit spécifié et, s’il dépasse le seuil acceptable, des mesures doivent être prises.

En 2009, la Geosynthetic Institute a publié le livre blanc GRI #15 Survey of U.S. State Regulations on Allowable Leakage Rates in Liquid Impoundments and Wastewater Ponds. L’enquête visait à faire le point sur les pratiques en matière d’orientation réglementaire pour les fuites maximales acceptables dans les bassins de retenue de liquides et les étangs d’épuration des eaux usées. L’enquête a révélé que les débits de fuites acceptables sont extrêmement variés. Les différentes quantités de fuites et les plans d’action suggérés pour les sites d’enfouissement sont mesurés en gallons par acre et par jour (1 gallon par acre par jour ou l’équivalent de 10 litres par hectare par jour).

D’après le livre blanc :

Différentes quantités de fuites et plans d’action suggérés pour les sites d’enfouissement

(a) Fuites « minimum » = 10 litres par hectare par jour (environ 1 gallon par acre par jour) 

  • La diffusion de la vapeur à travers une géomembrane impeccable sans défaut est comprise entre 0,2 et 20 litres par hectare par jour (environ 0,02 à 2 gallons par acre par jour); il s’agit donc d’un revêtement impeccable. 

(b) Débit de fuite acceptable type = entre 50 et 200 (environ 5 à 20 gallons par acre par jour) 

  • Poursuivre la surveillance; 

  • Évaluer les caractéristiques du liquide; 

  • Comparer avec le lixiviat primaire. 

(c) Débit de fuite intermédiaire type = entre 200 et 1000 (environ 20 à 100 gallons par acre par jour)  

  • Arrêter d’ajouter des déchets; 

  • Poursuivre la surveillance et l’analyse des caractéristiques des liquides. 

 (d) Fuite rapide et importante type = moins de 1000 litres par hectare par jour (moins de 100 gallons par acre par jour) 

  • Éliminer les déchets sus-jacents; 

  • Réparer les fuites. 

Note : Toutes les valeurs des plans d’action suggérés ci-dessus sont données à titre d’illustration uniquement; elles doivent être déterminées en fonction du site. Il convient également de noter que l’United States Environmental Protection Agency (USEPA) n’exige que l’établissement d’une valeur de débit de fuite acceptable. L’enquête montre qu’il existe des disparités dans les réglementations et que tous les États ne précisent pas les débits de fuite acceptables :  

  • Étangs d’épuration ou des eaux usées ‒ 19 États (48 %) disposent de réglementations 

  • Autres bassins de retenue de liquides ‒ 9 États (18 %) disposent de réglementations 

  • Lagunes municipales et industrielles ‒ 2 États disposent de réglementations 

  • Contrôle des déchets d’élevage ‒ 2 États disposent de réglementations 

  • Bassins de retenue en terre ‒ 1 État dispose de réglementations 

  • Mines à lixiviation in situ ‒ 1 État dispose de réglementations 

  • Eaux d’infiltration chargées en métaux ‒ 1 État dispose de réglementations 

  • Aquifère général ‒ 1 État dispose de réglementations 

  • Bassin de collecte des fuites ‒ 1 État dispose de réglementations 

  • États qui ne précisent pas le débit de fuite dans leurs réglementations ‒ 9 États (18 %) disposent de réglementations 

 Le débit de fuite acceptable est déterminé en fonction du type d’installation et du niveau de risque que les fuites représentent pour l’environnement, en particulier dans les bassins de saumure de pétrole et de gaz. Le débit de fuite maximal acceptable est déterminé par les conséquences environnementales de la fuite, mais doit néanmoins être une valeur quantifiable. Sans cela, il n’est pas possible de déterminer et de gérer le risque.  Pour mesurer les fuites, il est nécessaire d’installer un système de revêtement double avec une couche intermédiaire de détection des fuites. Il peut s’agir d’un géonet. Dans certains cas, on utilise du sable ou du gravier, mais ce n’est pas la solution idéale. Vous ne voulez pas de gravier à côté d’un revêtement en plastique, car vous risquez d’avoir encore plus de fuites. De plus, si vous avez un pied ou deux de terre ou de gravier, cela réduit la capacité de votre bassin. 

En revanche, un géonet jumelé à un revêtement primaire permet de détecter et de mesurer les fuites avec un risque mineur d’infiltration dans l’environnement. 

Si vous dépassez le débit de fuite acceptable, vous devez cesser la production ou payer des amendes pour chaque jour où vous dépassez le seuil accepté. 

L’importance de la détection des fuites 

Il ne suffit pas d’installer un revêtement de haute qualité. Vous devez également effectuer un levé de détection des fuites pour vous assurer qu’il n’y a pas de trous dans votre revêtement. L’homme n’est pas parfait et des erreurs peuvent se produire. Si vous avez un chantier de 20 à 30 acres, quelques problèmes peuvent survenir. Vous ne savez pas si un objet est tombé sur le revêtement ou si une pierre s’est soulevée et a créé un trou. Le trou n’est peut-être pas visible à l’œil nu, mais une fois que vous avez 30 pieds de saumure au-dessus du revêtement, la pression qui en résulte signifie que même le plus petit trou peut créer un gros problème. 

Vous devez donc disposer d’un moyen pour détecter les fuites dans le revêtement pendant et après l’installation. Pour ce faire, nous réalisons des levés de détection des fuites électriques et des essais aux étincelles sur les revêtements conducteurs. Les levés de détection des fuites électriques permettent de détecter les trous avant que le revêtement ne soit mis en service.

Au Texas, par exemple, les organismes de réglementation ne précisent pas ce que doit être le débit de fuite acceptable, mais ils exigent que vous en ayez un. Vous ne pourrez pas obtenir de permis sans lui, et les taux peuvent varier d’un projet ou d’une demande à l’autre.

Une fois le projet achevé, vous devez mettre en place le bon processus d’assurance de la qualité de la construction (AQC) afin de vous assurer que vous surveillez constamment le revêtement pour détecter les fuites et que vous pouvez prendre des mesures pour maintenir le débit de fuite acceptable à un faible niveau.  

Si le fond de votre revêtement est conducteur, vous pouvez non seulement détecter une fuite, mais aussi la localiser, ce qui minimise le risque de dépassement du débit de fuite acceptable.